Marcher sur l'eau blanche

Structure "Marcher sur l'eau blanche" de Marie-Claire Raoul, simulation 3D, prairie de Palaren, 2022

Artiste : Marie-Claire Raoul
Lieu : Prairie de Keravilin à Guipavas
Soutien technique : Christian Guérin, vannier osiériculteur
Dans le cadre de l’exposition « De la nature. Escale #1 — Brest » à la Maison de la Fontaine à Brest.

Dour Gwenn ou l’eau blanche en breton

Dour Gwenn ou l’eau blanche en breton, c’est l’ancien nom de la rivière qui traversait à l’origine le vallon du Stang-Alar et se jetait dans la rade. 
La prairie de Palaren se trouve en bas du vallon en continuité avec le jardin botanique du Stang Alar. Un sentier la borde qui mène vers la plage du Moulin blanc. Les anciennes cartes hydrographiques montrent qu’au niveau de cette zone humide, il existait un étang qui se prolongeait jusqu’au rivage.

A gauche, carte de l’état-major, 1820-1866 (BNF). A droite, Carte aérienne 2015 (Archives BMO)
A gauche, carte de l’état-major, 1820-1866 (BNF). A droite, Carte aérienne 2015 (Archives BMO)

Une structure éphémère en saule vivant

Marcher sur l’eau blanche est une structure éphémère, constituée en saule vivant, dont la forme au sol rappellera l’étang oublié.
En vertical, sa forme suivra un dénivelé partant d’une hauteur de 2,80m à 3m en diminuant progressivement vers le sol, donnant ainsi l’impression d’y disparaitre. Les visiteur.se.s pourront la longer ou marcher entre les deux bordures, comme s’il.elle.s traversaient l’étang.

Structure "Marcher sur l'eau blanche" de Marie-Claire Raoul, tracé rouge au sol, simulation 3D, 2022
Structure Marcher sur l’eau blanche, dessin au sol © Marie-Claire Raoul

De Palaren à Keravilin

Dans l’idéal, elle aurait été installée sur la prairie de Palaren, au niveau de l’ancien étang. Il s’avère que cette zone humide a été reconstituée sur un terrain remblayé avec des gravats. Par conséquent, l’implantation manuelle des branches de saule dans le sol est impossible.

Il a donc été envisagé de l’installer dans la prairie de Keravilin, autre zone humide située un peu plus haut sur le cours du ruisseau du Stang-Alar.

Déplacement de l'installation Marcher sur l'eau blanche de l'artiste Marie-Claire Raoul de la prairie de palaren à la prairie de Keravilin, février 2022, Guipavas

Un paysage enf(o)ui

L’installation Marcher sur l’eau blanche pose la question de la disparition et de l’oubli, mais aussi du regard que nous portons sur notre environnement bio géo-physique et de l’impact de nos actions sur celui-ci, telle l’artificialisation des sols. Elle nous amène à réfléchir sur la capacité de résilience écologique.

Vivant fragile

De tout temps, nos paysages n’ont cessé de se métamorphoser, avec ou sans notre intervention. Mais, aujourd’hui, les experts scientifiques nous alertent sur le fait que l’influence des activités humaines sur la nature pourrait faire basculer la dynamique de ses écosystèmes vers un déséquilibre mettant en danger de manière irréversible notre espèce. Nous vivons donc une période charnière où nous savons que notre avenir et celui de nos enfants dépendra de notre capacité à reconsidérer notre rapport aux espaces et éléments naturels.
Il n’y a pas si longtemps encore, les zones humides avaient la réputation d’être insalubres et dangereuses. Aujourd’hui, on sait qu’elles constituent des écosystèmes fragiles qui jouent des rôles essentiels pour la gestion de l’eau et la préservation de la biodiversité. La structure Marcher sur l’eau blanche contribuerait à rendre plus visible ces lieux atypiques en milieu urbain et pourrait être l’occasion d’expliquer l’intérêt des zones humides.

Pourquoi le saule ?

Le saule est une espèce pionnière caractéristique des milieux transitoires ou aux conditions extrêmes. Ces espèces constituent les premiers organismes qui colonisent ou recolonisent un espace dépourvu de vie, soit parce qu’il est nouveau, soit parce qu’il a subi une perturbation.
Par ailleurs le saule est utilisé pour sa capacité à dépolluer l’air, les sols et les eaux. Il créé une niche écologique favorable aux insectes et oiseaux et participe ainsi à la conservation de la biodiversité.

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