Maison des abers de la nature

Escale#2-Aber Benoît

Les samedi 4 et dimanche 5 juin, les artistes ont invité le public à la Maison des Abers pour la restitution de leur deuxième escale sur le territoire de l’Aber Benoît.

Les huit artistes du projet : Nesrine Mouelhi, Marianne Rousseau, Marie-Michèle Lucas, Marie-Claire Raoul, Élouan Cousin, Vincent Lorgeré et Marieke Rozé, ont proposé au visiteurs et visiteuses d’échanger autour de cette expérience intense et de découvrir les productions inspirées par ces deux semaines de résidence à la Maison des Abers.

Marianne Rousseau, Marie-Claire Raoul, Marieke Rozé et Vincent Lorgeré ont également présenté les ateliers pédagogiques qu’ils ont animés auprès des enfants des écoles primaires Saint Martin et Aber-Benoit.

public maison des abers

Élouan Cousin a profité de sa résidence pour continuer son exploration des différentes techniques de prise de vue. En utilisant un tourne disque, il tente des expérimentations permettant la déformation des images. 

Il tente aussi de découvrir de nouvelles techniques permettant de réduire son utilisation des produits chimiques, souvent utilisés dans la photographie, mais qui sont compliqués à recycler et peuvent être dangereux. Il a notamment cherché à utiliser la technique de l’anthotype qui consiste à récupérer la chlorophylle dans la plante (ici des bettes maritimes) qui réagit aux UV et permet de reproduire des images. Les images ont tendance à s’effacer ce qui rend les créations non seulement uniques, mais également éphémères.

Il a également fabriqué sont propre appareil a sténopé. Les essais sont encore à continuer, sachant que le temps d’impression peut être très long. 

Les différentes techniques ont attisé la curiosité de tous les visiteurs.

Elouan Cousin Aber Benoit

Marie-Michèle s’est elle éloignée de son précédent projet, présenté lors de l’Escale#1-Brest. Sa démarche consiste à réaliser un rituaire regroupant différentes manières de saluer et de rendre hommage à la nature. Elle souhaitait en effet produire quelque chose de joyeux.

Son premier rituel consiste à aller saluer le fond de la mer, en faisant écrire un poème d’amour pour que le fond de la mer puisse le recevoir, par exemple. Ensuite, elle souhaite rendre hommage aux goëmoniers, en saluant les rochers et en écrivant leur nom au fusain. 

Elle parle ensuite du temps des fleurs, en souhaitant encourager la pratique du tapis de fleur, ce qui n’est pas sans rappeler les célébrations de la fête-dieu. Elle a également testé la pratique consistant à taper les fleurs pour en faire ressortir leurs pigments. 

Ensuite, elle nous invite à nous intéresser aux vents. En accrochant de longs rubans à des bâtons, l’observation du vent peut se faire. 

Elle s’est limitée pour cette étape aux 4 éléments, mais rien ne l’empêchera de compléter son livre de rituels en en créant de nouveaux.

Marie Michele Lucas Maison des Abers
Marie Michele Lucas Maison des Abers

Marie-Claire Raoul présente son projet Marcher sur l’eau Blanche, marquant à l’aide de branches de saules les contours de l’étang disparu du Dour Gwen. Sa pratique de la vannerie l’a amené à imaginer un atelier pour les enfants où ils pourraient expérimenter avec différents types d’herbes, pour réaliser de petits bijoux ou encore de petits paniers. 

Ce qui a le plus interpellé Marie-Claire Raoul, c’est la présence d’une source d’eau douce sur la plage. Elle réfléchit alors à installer une structure en roseau (qui pousse localement) pour signaler la présence de cette source, même lorsque qu’elle est recouverte par la marée. 

Marie Claire Raoul Maison des Abers

Marieke Rozé et Vincent Lorgeré ont poursuivi leurs recherches sur les carottes sédimentaires. Ils ont pour projet de recréer une nouvelle carotte, cette fois en incluant dans la sculpture certains éléments comme une sorte de capsule temporelle. 

Ils réfléchissent ainsi à certains éléments, comme des peignes, qui pourraient rappeler le mythe de la sirène ou encore celui de la ville d’Ys. Lorsqu’ils passeront leur nouvelle structure dans le scanner d’Ifremer, ces éléments deviendront donc visibles. Les recherches sont encore en cours pour poursuivre le projet.

Vincent Lorgeré Maison des Abers
Marieke Roze Maison des Abers

Nesrine Moulhi a continué son travail sur la pêche. Elle a pu dialoguer avec Emmanuel Laot, ancien pêcheur, qui lui a permis de découvrir les pêcheries sur l’estran, dont elle propose des illustrations. De nombreuses théories ont été construites sur l’histoire de ces pêcheries, mais, présentes depuis la préhistoire jusqu’au moyen âge, elles sont trop anciennes pour en connaître les véritables secrets. Certaines appartenaient a priori à des seigneurs, d’autres étaient privatisées. Avec l’avènement de la pêche industrielle, les pêcheries sont peu à peu abandonnées. 

Il y a eu des tentatives pour en recréer, mais les techniques sont perdues et les essais n’ont jusque là pas été concluants. 

L’artiste a donc filmé l’une de ses rencontres avec le pêcheur, en ne filmant que son ombre et ses mains, ce qui donne au visiteur l’impression de faire partie de la visite. Elle a ensuite réalisé un entretien avec M. Laot où il parle des différentes traditions liées à la pêche.

Nesrine Mouelhi Maison des Abers

Marianne Rousseau a effectué plusieurs ateliers avec les écoliers des écoles de l’Aber Benoît et Saint Martin. En reprenant les techniques de teintures végétales travaillées pendant son premier temps de résidence, elle a proposé aux écoliers de teindre des morceaux de tissus sur lesquels ils avaient dessiné des formes de nature, pour les assemmbler ensuite sur une grande fresque.

Elle a également proposé un atelier reprenant les éléments de l’expérimentation scientifique. Les écoliers devaient créer un support pour des tubes à essai, dans lesquels ils ont par ailleurs réalisé une expérience. 

Pour son projet personnel, elle s’est intéressée au métier de goëmonier. Étant intéressée par les outils, elle souhaite travailler sur le scoubidou hydraulique, machine permettant de récolter des algues. Elle a donc conçu un patron de cet objet, l’idée étant de créer une fresque en tissu sous forme de patchwork, où chaque pièce de la machine serait cousue sur une toile. 

Marianne Rousseau Maison des Abers

Chaque artiste a pu prendre le temps de discuter avec chaque visiteur sur sa démarche et l’avancée de son projet. Cela a permis un échange réellement qualitatif avec le public. 

Bien sûr, les travaux sont encore en cours. Les deux semaines ont paru bien courtes aux artistes, d’autant que les bénévoles de l’association ont pris le temps de leur faire découvrir le territoire des Abers, territoire bien particulier et très diversifié. Finalement, celui-ci est si riche, tant sur le plan culturel que sur le plan de l’environnement naturel, que la difficulté a été, pour certain.e.s de se focaliser sur un sujet spécifique de recherche !

Marie Claire Raoul Saint Pabu
Marie Claire Raoul vannerie
Elouan Cousin photographie
Marie Michele Lucas Saint Pabu
restitution residence maison des abers
nesrine mouelhi saint pabu

Il est clair qu’il sera difficile pour les artistes de dire au revoir à la Maison des Abers, ainsi qu’à l’Aber Benoît qui a constitué un cadre de travail on ne peut plus agréable et passionnant ! 

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